ENTRETIEN AU MINISTERE DES AFFAIRES SOCIALES

Hélène, divorcée, 56 ans, 2 enfants, a arrêté de travailler pendant 22 ans
Marie-Claude , divorcée, 53 ans, 4 enfants, a arrêté de travailler pendant 15 ans
Monique, en procédure de divorce, 58 ans, 2 enfants, a arrêté de travailler pendant 25 ans

Ont été reçues le 24 mars 2004
au Ministère des affaires sociales par Monsieur Pierre Mayeur,
Conseiller chargé des retraites auprès de Monsieur François Fillon, Ministre des affaires sociales,

"Nous avons exposé nos revendications :
Que soient prises en compte
pour les femmes divorcées et qui se trouveront sans ressource ni droits à la retraite,
les années consacrées à l'éducation des enfants et à la famille
comme des années travaillées au SMIC.

Ces années de travail non reconnu jettent dans la précarité,
au moment de la retraite, des centaines de milliers des femmes.

Ceci est totalement injuste
puisque la société toute entière bénéficie du sacrifice qu'elles ont fait en éduquant leurs enfants
qui ensuite participent à la vie économique du pays
et paient les retraites des plus anciens.

Monsieur Pierre MAYEUR nous a répondu :
* Que le gouvernement avait bien entendu notre requête
* Mais qu'aucune solution n'existait ni n'était prévue
* Que l'on pouvait toujours racheter des points de retraite
Sur ce point nous avons été obligées de lui rappeler qu'il s'adressait à des personnes presque totalement démunies...
* Qu'il était cependant possible de travailler jusqu'à 70 ans voire plus et que c'était même avantageux sur le plan des points retraite...
En réponse à notre étonnement sur ce point (qui nécessite une bonne condition physique), il a ajouté "vous avez l'air en forme".
Quelle indécence dans la bouche d'un représentant du gouvernement qui de plus aura lui une très bonne retraite à 60 ans...
* Que nous avions toujours droit à la pension de réversion de nos ex-époux
Devons nous tuer nos maris pour avoir le droit de vivre correctement?
* Qu'il était hors de question de mettre en place le partage des points retraite
et que " cela n'était pas prévu dans d'autres pays d'Europe "

Sur ce point la documentation est pourtant importante, mais visiblement pas celle de Monsieur MAYEUR : Allemagne, Grande-Bretagne, Pays de Galles, Suisse, Pays-Bas, ont prévu le partage des droits à pension de retraite acquis pendant le mariage.
* Qu'en conclusion c'était à nous de nous débrouiller

Nous en concluons donc
- que le gouvernement se moque de nous,
- que les mères au foyer ne représentent rien aux yeux de la société,
- que toutes les déclarations du gouvernement ne sont que poudre aux yeux

- et par exemple :
3 juillet 2002 DÉCLARATION DE POLITIQUE GÉNÉRALE DU GOUVERNEMENT par M. Jean-Pierre RAFFARIN, Premier ministre, Extrait : " Pour faire reculer l'exclusion qui mine notre société, nous comptons sur l'Etat mais aussi et surtout sur les structures à taille humaine, les réseaux de proximité et la famille. La famille est par essence le lieu de la fraternité, c'est le creuset de la société. C'est pourquoi notre politique de la famille sera ambitieuse. Nous repenserons les dispositifs d'accueil de l'enfant pour créer l'allocation unique d'accueil du jeune enfant. Elle sera accordée, que la mère travaille ou non, pour garantir son libre choix."

Le Gouvernement prétend :
- protéger la mère qui s'occupe des enfants, mais vote une nouvelle loi qui jette à la rue celle qui l'a fait il y a 20 ans
- garantir son libre choix, mais quand il est trop tard pour rattraper le temps perdu décide qu'elle n'a pas fait le bon, c'est à dire celui de travailler

N'oublions pas :
- qu'il y a 20 ou 30 ans, il y avait peu de place de garde et que les enfants commençaient l'école beaucoup plus tard
- que les places de crèches sont encore très insuffisantes pour permettre à toutes les mères qui voudraient travailler pour se prémunir contre cette situation pour le faire.

Déclaration de Monsieur Perben le 08.01.2004 au Sénat
" C'est un sujet (partage des acquis retraite pendant la durée du mariage) qui mérite effectivement réflexion, en liaison d'ailleurs avec le service des affaires sociales...
La proposition n'est nullement inintéressante ... "

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